Je me souviens surtout de la fatigue. Pas celle qu’on efface avec une nuit de sommeil, mais cette lassitude lourde, installée au fond de la poitrine. C’est dans cet état que ma première prise de conscience face à l’alcool a commencé à émerger. Je voyais bien que quelque chose dérapait : mes réactions changeaient, mes soirées devenaient floues, et la honte du lendemain me suivait comme une ombre. Je n’aimais plus la personne que j’étais en train de devenir.

Les premiers signes d’une prise de conscience face à l’alcool
J’étais tellement mal que, ce soir-là, je n’ai plus eu le choix : il fallait essayer, sincèrement, pour moi. Essayer de sortir de ce cercle qui me broyait. J’ai pris cette décision sans héroïsme, avec l’urgence de quelqu’un qui veut se sauver.
Avec du recul, je comprends que j’avais déjà essayé plusieurs fois de m’en sortir. Ce mois d’arrêt. Ces deux puis trois mois. Ce n’étaient pas des pauses : c’étaient des tentatives de goûter à autre chose, d’imaginer une vie plus simple, sans cette présence constante.
Quand essayer ne suffit plus
J’ai essayé de réduire. De “faire attention”. De promettre que ce soir serait le dernier. Rien ne tenait. Chaque tentative me ramenait au même point : une relation à l’alcool qui m’échappait. Le vrai basculement a été une seconde prise de conscience face à l’alcool : si je continuais, j’allais me briser. Et je savais que ce serait beaucoup plus long et compliqué de me reconstruire après.
Chercher de l’aide : le début du changement face à l’alcool
C’est à ce moment-là que j’ai compris que je ne pouvais plus avancer seule. J’ai fait appel à un pair aidant, quelqu’un qui savait, quelqu’un qui n’avait plus besoin qu’on lui explique. Lui dire les mots a fissuré quelque chose. Nommer le problème, c’est déjà un début de victoire.
Ensuite, j’ai voulu comprendre : j’ai lu, j’ai enquêté, j’ai cherché. Les mécanismes, les effets invisibles, les dégâts silencieux qui s’accumulent au fil des années.
Lien utile : pour mieux comprendre les risques et les mécanismes de la dépendance, les explications de l’Assurance Maladie sont très éclairantes : Alcool : comprendre les risques et les mécanismes de la dépendance – Ameli.fr
La vérité qui fait mal mais qui libère
Plus j’apprenais, plus je comprenais à quel point j’avais minimisé ce que l’alcool détruisait en moi. Cette troisième prise de conscience face à l’alcool a été brutale : je n’étais pas simplement “fatiguée” ou “dans une mauvaise phase”, j’étais en train de me perdre. Et c’est là que la reconstruction a commencé : dans une lucidité crue, mais nécessaire.
Ce n’était pas du courage. Ce n’était pas un élan héroïque. C’était juste cette vérité simple : si je ne changeais pas, je disparaissais petit à petit. Et c’est souvent là, dans cette lucidité nue, que naît la liberté. La vraie. Celle qui n’est plus négociable.
