Je me suis offert ce voyage comme une récompense. Pas un cadeau pour me féliciter à la légère, non. Une sorte d’acte symbolique, comme on scelle un passage. Parce qu’il y a deux ans, j’ai arrêté l’alcool. Et à 38 ans, cette décision n’était pas juste une envie de mieux vivre. C’était une nécessité. Ça devenait compliqué. Silencieux mais envahissant. Alors j’ai mis un point final. Ou du moins, un point de rupture — le début discret de mon défi sportif sobriété.

Avant : une vie sans horizon
Il y a plus de 2 ans, ma vie tournait en rond. Travail, étourdissement, comatage, et rebelote le lendemain. Un cycle gris, sans perspectives. Je travaillais, je payais mes charges, je consommais, et je recommençais. Pas de souffle, pas de direction, juste cette impression de survivre dans une routine qui m’usait. Une existence d’esclave moderne, enchaîné à un rythme vide de sens.
L’alcool venait anesthésier l’ennui, brouiller les contours, mais il n’effaçait rien. Au contraire, il renforçait l’impression que les jours s’empilaient sans horizon.
J-5 avant mon défi sportif sobriété
Aujourd’hui : la bascule.
Le départ approche. Dans sept jours, je m’envole pour la Thaïlande.
Pas pour bronzer. Pas pour « changer d’air ».
Pour boxer. Pour transpirer. Pour plonger deux heures par jour dans un camp de Muay Thaï et voir ce que mon corps — et ma tête — ont à dire après ces mois de reconstruction.
Ce n’est pas un fantasme de dernière minute. Ça fait des années que ce rêve dort quelque part dans ma to-do list, toujours repoussé, toujours trop lointain. Et puis, il y a un an, j’ai senti que le moment était venu. Ce n’était pas une envie, c’était un besoin. Je me suis donc préparée durant plusieurs mois à un vrai défi sportif sobriété que j’allais m’offrir pour mes deux années d’abstinence.
Retrouver l’axe
J’avais besoin d’un défi. Quelque chose de physique, de concret, de brutal peut-être, mais vivant. Quelque chose qui me ramène dans mon axe.
Alors j’ai recommencé à m’entraîner quasi tous les jours, malgré mon travail manuel et physique. J’ai acheté mon billet, réservé un Airbnb le mois suivant. Et petit à petit, la motivation a pris le pas sur l’hésitation. Le corps a commencé à répondre.
En six mois, j’ai perdu dix kilos.
C’est beaucoup, mais ce n’est pas ça que je retiens.
Ce que je retiens, c’est que j’ai retrouvé un regard sur moi-même, un engagement — et surtout l’élan intérieur que ce défi sportif sobriété a réveillé en moi.
J-5 : pas de pression, juste l’élan
Aujourd’hui, à J-5, je ne suis pas encore au poids que je visais.
Mais je ne me mets pas de pression. J’ai assez donné côté exigence.
Ce voyage, je veux le vivre comme une expérience de transformation et de lucidité sur l’après. Le camp, les entraînements quotidiens, la chaleur, tout ça suffira à faire le reste du travail.
Je continue à m’entraîner, mais je me parle avec douceur.
Je n’ai pas envie d’ajouter une couche de contraintes à ma tête déjà bien remplie.
Le sport comme refuge
Depuis quelques jours, je traverse une zone de turbulence.
Pression professionnelle, tension, fatigue… rien de très original, mais assez pour sentir que ça sature.
Et paradoxalement, c’est peut-être ce qui me pousse encore plus vers le sport.
Ces deux heures par jour sont devenues une sorte de refuge.
Je m’y rends sans forcer. Je sais que c’est là que je retrouve un peu de clarté et de paix.
Ça remet les choses dans l’ordre pour y voir plus clair.
Je transpire, je tape, je respire.
Et je rentre un peu plus calme.
C’est presque la seule chose en ce moment qui me maintient debout sans me demander des comptes.
👉 Lire aussi : La transformation du corps après l’alcool
Si ce défi t’inspire, partage cette page – on ne sait jamais qui a besoin de lire ces mots
Dans la transition
Alors voilà où j’en suis, à J-5 du départ.
Dans une transition.
Les tentations liées à l’alcool ne me font plus peur. J’y pense très peu en fait.
C’était l’objectif de ce challenge : polariser l’attention ailleurs.
Le corps encore en chemin, mais l’élan bien là.
Je ne sais pas ce que je vais trouver là-bas.
Je ne sais pas ce que ce défi va déclencher.
Mais je sais que j’y vais avec l’envie d’être présente.
Et de faire de ce voyage un chapitre à part entière dans mon histoire — un chapitre directement lié à ce défi sportif sobriété commencé il y a un an.
Le pouvoir des ruptures
Mais si je partage tout cela aujourd’hui, ce n’est pas pour livrer une simple anecdote de voyage.
C’est parce que je crois profondément que ces ruptures — ces choix qui nous arrachent à l’inertie — ont un pouvoir immense.
Pas forcément dans les mêmes formes, ni aux mêmes endroits, mais dans ce qu’elles disent : qu’il est toujours possible, à n’importe quel âge, de décider que ce qu’on vit n’est plus acceptable. Et de tracer une autre voie.
Je ne vous invite pas à copier mon chemin.
Je vous invite à regarder le vôtre.
À vous demander ce que vous n’avez pas encore osé transformer.
Ce qui vous alourdit.
Ce qui vous retient.
Et surtout, ce qui vous tiendrait debout si tout venait à s’écrouler.
Le mouvement sauve
On ne dit pas assez ce que le mouvement par le sport peut sauver.
Ce que le corps peut réparer quand l’esprit s’emmêle.
Moi, c’est la boxe qui m’a maintenu debout, encore et encore.
C’est elle qui m’a donné la clarté et la force d’arrêter le poison qui m’enfermait.
Et c’est cette sobriété retrouvée qui m’a rendu l’espace nécessaire pour voyager.
Elle m’a aussi permis de m’entraîner et de replacer ma vie autour de ce qui me fait vraiment respirer. Ce voyage est un chapitre de ce défi sportif sobriété commencé il y a un an.
Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), l’activité physique régulière améliore la stabilité émotionnelle et participe à réduire les risques de rechute dans les parcours d’addiction.
Alors si ce texte réveille en vous une envie de changement, une urgence de bouger, de partir, ou simplement d’arrêter de négocier avec ce qui vous détruit, sachez que vous êtes au bon endroit.
Ici, pas de leçons.
Ce blog est un ring, un atelier, un passage.
On y vient pour s’inspirer, se redresser, échanger, partager.
Et repartir plus fort.

