Alcool et sommeil : ce que j’ai découvert en arrêtant de boire

Quand le sommeil se brise

Je me souviens de l’époque où je ne buvais “que” le week-end, à partir du jeudi soir. Je me persuadais alors que l’alcool m’aidait à dormir. À m’endormir vite, surtout. Ce faux sommeil avait la douceur trompeuse d’un rideau qui tombe trop tôt. Les premiers jours de la semaine, contraint de rester sobre pour travailler, mes nuits me semblaient légères, hachées, inconfortables. Je croyais manquer de quelque chose. En réalité, mon corps réclamait seulement ce dont je l’avais privé : un vrai repos, sans anesthésie.

Je ne comprenais pas encore que trois jours sans boire ne suffisent pas à se défaire du brouillard. Je pensais que le problème venait de moi. Que j’étais fragile, agité, incapable de m’endormir “normalement”.

L’alcool et le sommeil : Quand la nuit devient un piège

Puis les années ont passé. La consommation est devenue quotidienne, uniforme, sans respiration. Je m’enfonçais chaque soir dans ce sommeil factice, un sommeil qui ressemblait à une chute. Trois heures d’assommement. Puis le réveil brutal, toujours le même : gorge sèche, cœur cognant contre la poitrine, estomac éteint, poumons brûlants. Une angoisse veillante. Une culpabilité sourde.

Je tournais longtemps dans mes draps. J’essayais de trouver une position qui apaise, je buvais de l’eau à grandes gorgées, je me convainquais que ça allait passer. Mais rien n’y faisait. Le matin arrivait sans lumière, sans élan. J’étais plus fatigué qu’en me couchant. Je perdais la nuit, et j’allais perdre la journée.

Et au fond, je savais très bien pourquoi je restais dans cette spirale : par manque de courage. Par peur d’affronter quelques nuits vraiment sobres. C’est le piège le plus cruel : l’alcool donne le mirage d’un repos immédiat et vole, en silence, le sommeil réparateur.

Le premier vrai sommeil

Je me souviens du premier soir sans alcool. J’ai eu peur. Peur de rester éveillé, livré à mes pensées trop sonores. Peur d’une nuit blanche, d’un chaos intérieur. Et puis, quelque chose s’est déposé doucement. Le corps n’est pas tombé — il s’est laissé glisser. Pas d’angoisse. Pas d’étouffement. Juste une descente lente vers un noir calme.

Je me suis réveillé d’une seule traite, comme si quelqu’un avait remis de l’ordre dans ma tête pendant la nuit. Pas de brume. Pas de vertige. Pas cette lourdeur infâme qui collait au matin. C’était une renaissance miniature.

Les premières nuits sevrées ont été un cadeau. Une réparation.
La première preuve concrète que mon corps savait encore faire quelque chose sans l’alcool : dormir.

Les matinées qui recommencent

Quand j’ai rouvert les yeux ces matins-là, tout avait un goût nouveau. Mon corps ne réclamait rien. Mon souffle était calme. Mes muscles détendus. La lumière n’était plus une agression — elle devenait une invitation. C’était comme si la nuit avait travaillé pour moi, reconstruisant ce que j’avais abîmé.

Les nuits sans alcool sont devenues un remerciement silencieux. Une promesse tenue. Le sommeil n’était plus un champ de bataille : il redevenait un refuge, un allié.

Ce que le sommeil réparé m’a rendu

L’énergie

Avec le vrai sommeil revient l’énergie. Pas celle, artificielle, qu’on cherche dans le sucre ou le café. Non, une énergie ancrée, stable, disponible. Le genre d’énergie qui permet d’aller s’entraîner — et d’y prendre plaisir. J’en parle davantage dans mon article Un corps qui se relève, là où j’explique comment un sommeil clair et stable devient la première pierre d’un corps qui se reconstruit vraiment.

Le métabolisme

Le poids.
Personne n’en parle assez.
Quand j’ai recommencé à dormir, j’ai réalisé que mes kilos en trop n’étaient pas “des excès”, mais la conséquence directe de nuits brisées. Le sommeil régule l’appétit, ajuste les hormones, apaise les pulsions. L’alcool m’avait tout déréglé. Le sommeil a remis les compteurs à zéro. Selon un article de National Geographic France, arrêter l’alcool ne serait-ce que pendant un mois améliore la qualité du sommeil et permet une réduction visible de la masse grasse.

L’humeur

Avec des nuits complètes, la dépression s’effiloche. La joie revient comme une évidence simple. Une clarté intérieure, presque douce. Comme si l’esprit se réveillait avec le jour.

La mémoire

Et puis il y a la mémoire, cet autre bien précieux. La nuit redevenue sobre ne me volait plus mes idées, mes élans, mes souvenirs. Elle les rangeait. Elle les préservait.

Quand la nuit porte à nouveau conseil

On dit souvent que la nuit porte conseil.
Quand elle était noyée d’alcool, elle ne m’apportait rien d’autre que l’oubli, la lourdeur, le chaos.
Aujourd’hui, elle est redevenue une alliée. Un atelier silencieux.

Les soirs difficiles, quand la journée a été rude, pleine de choix épuisants, je sais que la nuit saura recoller les morceaux. J’y dépose mes doutes, mes questions, mes peurs. Le matin, je les retrouve apaisés, ordonnés. Comme si la nuit, désormais claire, savait répondre à ma place.

Et chaque matin paisible me rappelle une vérité simple : tant que je reste loin de l’alcool, chaque nuit est une seconde chance.


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